A propos de moi

Apt – Vaucluse, juin 1967 – Je suis renvoyé devant les « juges » début septembre, pour l’oral du baccalauréat. Patatrac ! Les vacances sont fichues, adieu la plage de la couronne à côté de Martigues , et les virées en 4ch Renault. Petite consolation, je tape toujours sur le piano de Gilbert l’intro de « Satisfaction ». Je suis « Stones » plutôt que « Beatles », Hallyday plutôt que C. François, Antoine et Dutronc plutôt que les autres. Ces vacances, « à l’âge ou s’amuser tout seul ne suffit plus » (Georges Brassens), seront le théâtre de grandes découvertes musicales, à travers les rencontres d’ados du quartier, des tourne- disques, de l’émission culte « Salut les copains ». On échange, on argumente, on décortique les Hits- Parades, on défend son champion, mais on découvre aussi les champions des autres, et certains s’appellent Barbara, Ferrat, Brassens.

Je suis en retard. Ces trois là remplissent les salles depuis presque 15 ans, mais j’ai des arguments : J’ai tout juste 18 ans, je suis arrivé depuis peu d’un séjour de 5 ans aux Antilles, et sous la chaleur tropicale, pas de télévisions, pas de tournées de ces artistes, mais de la bonne  biguine , du calypso, du meringué….bref, du chaud -chaud pour un petit ado que les parents avaient entrainé avec eux pour raisons professionnelles . Sans écarter mes « idoles » de l’époque, j’écoute « Ma plus belle histoire d’amour », « Nantes » ou « Göttingen », je découvre la voix chaude de Brassens, et la profondeur de ses textes : «La non demande en mariage » – « La supplique pour être enterré à la plage de Sète » et surtout « Le pluriel », véritable carte d’identité de ce libertaire, sans appel.

Le pluriel ne vaut rien à l’homme et sitôt qu’on

Est plus de quatre on est une bande de cons,

Bande à part, sacrebleu ! C’est ma règle et j’y tiens.

Parmi les cris des loups, on n’entend pas le mien .

J’ai de la chance…….cette chanson qui vient de sortir, et Ferrat qui réplique dans

“En groupe, en ligue, en procession

On peut me dire sans rémission

Qu’en groupe, en ligue, en procession

On a l’intelligence bête

Je n’ai qu’une consolation

C’est qu’on peut-être seul et con

Et que dans ce cas, on le reste

Brassens

Je jubile : bagarre générale, sur des idées de toutes premières importances , j’ai déjà fait mon choix, et je n’ai plus qu’une seule envie, c’est de découvrir ce Brassens frondeur, provocateur, en marge des « affaires publiques ». 44 ans après, il m’étonne toujours ! Je rassure le lecteur, Ferrat et Brassens se sont toujours appréciés, Brassens enrôlant dans ses tournées Christine Sèvre, l’épouse de Jean Ferrat, Ferrat qui rendra un vibrant hommage à Brassens, avec une chanson : « A Brassens »

Petit à petit, la Chanson Française, celle de qualité, prend une place prépondérante dans ma vie. Brel, Ferré, Barbara , Leclerc, Reggiani et quelque autres, rejoindront Georges Brassens, représentant incontesté de cette chanson, tout en haut du podium. Rire - humour - rêve - Rapidement, mes activités professionnelles , ( Carrière internationale dans les travaux publics – Pipe-line gaz- pétrole) dès l’âge de 23 ans, m’arrachent pour une quinzaine d’années hors du sol natal; je ne verrai donc pas ces artistes sur scènes, mais je commence à emmagasiner la production « commerciale » de Brassens ( Livres, disques, K7, programmes de concerts, photos….) , et je fus un jour « menacé » d’organiser pour Alain, édile de son village, et adjoint à la Culture, ma première exposition ! Je devins collectionneur passionné, et plus de 6000 éléments autour de Georges Brassens furent réunis fin 2008. Philippe Clin, ( By-Clin) , grand spécialiste de Communication et Marketing, informaticien, publiciste, et créateur de Sites Internet, m’a tout simplement convaincu de mettre cette collection en ligne . Passion, complicité et deux années de travail acharné, plus de 5000 scans et 130 pages web, voilà le plus grand site existant sur Georges Brassens, en ligne : www.georges-brassens.fr et mon blog rattaché, en page d’accueil. Quel bonheur de recevoir tous les jours , du monde entier , des demandes de renseignements, des avis, des clins – d’œil, et de partager une même passion.

En dehors de la Chanson Française, la passion du voyage ( tombé dans la marmite, à 10 ans – 4 traversées de l‘Atlantique en paquebot) ), ne m’a jamais quitté. De l’Alaska à Ushuaia en passant par le Canada, le Mexique, le Costa Rica, Panama, la Colombie, le Venezuela, la Guyane, le Pérou et l’argentine , de Los Angeles à Sana , en passant par une quinzaine d’ îles de la Caraïbe, une dizaine de pays d’Afrique, de Téhéran à Kuala Lumpur, de Bangkok à Sydney, de Darwin à Nouméa, et une trentaine d’autres pays, je vis actuellement la moitié de l’année en Provence, près de L’Isle sur sorgue, ville où je suis né, et à Ségou, l’autre moitié de l‘année, entre Bamako et Tombouctou villes mythiques du Mali, au bord du fleuve Niger, où je relis les ouvrages de Maryse Condé sur Ségou, les aventures extraordinaires d’Alexandra David Neil, en écoutant Salif Keita, Ali Farka Touré et Ismael lo, tout en ayant soin d’avoir, à portée de main « Poèmes et chansons » de Georges Brassens.

Patrice Lozano.

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