Thème classique : La mort, chez Georges Brassens

“La mort, on en reparlerait à s’en faire crever” – René Fallet

Thème classique  et majeur. Plus de la moitié de l’oeuvre de Georges Brassens, traite directement ou indirectement de la mort. De 1952 avec  Le fossoyeur, à 1976 avec Trompe la mort, la thématique de la mort a été omniprésente.  Fossoyeurs, croque-morts, curés, corbillards, cimetières, enterrements, chrysanthèmes, seront le décor principal d’une trentaine de chansons.

La Camarde, la Faucheuse, la Parque, apparaissent en squelette humain, brandissant une faux. La mort, entièrement et constamment installée dans sa pensée, est devenue pour Georges Brassens, le thème principal de son oeuvre. Il n’avait certainement pas hâte de la rencontrer, mais malgré sa pensée libertaire, cette mort le hantait en permanence, et c’est peut-être, dans ce réflexe pour se rassurer, qu’il la narguait souvent.

“Et si jamais au cimetière – un de ces quatre, on porte en terre – Me ressemblant à s’y tromper – un genre de macchabée N’allez pas noyer le souffleur- en lachant la bonde à vos pleurs – Ce sera rien que comédie – que de fausse sortie ( Trompe la mort)  . Georges Brassens se posera, comme les autres beaucoup de questions, se résoudra à faire le bond, mais à reculons ! Je serai triste comme un saule – quand le Dieu qui partout me suit – Me dira, la main sur l’épaule :” Va – t’en voir la haut, si j’y suis.” – …S’il faut aller au cimetière, J’prendrai le chemin le plus long – J’ferai la tombe buissonnière – J’quitterai la vie à reculons ! ( le testament)

Par le biais du vieillissement, de la maladie, de la fuite du temps, de la nostalgie, de la pauvreté, de la condition humaine, la mort que Brassens a voulu féminine, sera très souvent traitée avec humour, son arme favorite, dans plusieurs autres textes. Mon caveau de famille, hélas n’est pas tout neuf – vulgairement parlant, il est plein comme un oeuf – Et d’ici que quelqu’un n’en sorte – il risque de se faire tard, et je ne peux – Dire à ces braves gens:” poussez- vous donc un peu !” – Place aux jeunes, en quelque sorte.  ( Supplique pour être enterré à la plage de Sète) - Telle un’ femme de petit’ vertu- elle arpentait le trottoir du – cimetière, aguichant les hommes en troussant -  un peu plus haut qu’il n’est déscent- son suaire…. ( Oncle Archibald)

Dans d’autres textes, comme Bonhomme – Pauvre Martin – Le vieux Léon – l’émotion remplacera le ton moqueur. N’ayant cesse d’évoquer la mort, Georges Brassens ira même jusqu’à fréquenter les cimetières, rendant ces lieux, presque….sympatiques. J’ai des tombeaux en abondance – des sépultur’ à discrétion – Dans tout cim’tièr’ d’quelque importance – J’ai ma petite concession – Le jour des morts, je cours , je vole – Je vais infatigablement – de nécropole en nécropole – de pierr’tombale en monument.…( La ballade des cimetières)

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