La “femme” chez Georges Brassens

Ondine, jouvencelle, vierge, maritorne, princesse, épouse, odalisque, nymphe, déesse, mondaine, maîtresse, héroïne, courtisane ou reine, la femme fidèle ou non, occupe dans l’œuvre de Georges Brassens, une place de choix.

Brave Pénélope, forniqueuse, ingénue, pécore, mélusine, goton, callipyge, cousette, “Fleur des pois”, “Nymphe de ruisseau”, ou “Venus de barrière”, la femme, sublime création, vertueuse, vicieuse, sera analysée, mise à l’épreuve, installée dans des décors choisis, projetée dans diverses situations.

Brassens avait une perception des femmes,  féroce !  Ses héroïnes, la plupart du temps en sabots, souvent naïves, infidèles, sont d’un autre siècle. Il était fasciné.”
…. Jamais sur terre, il n’y eu d’amoureux, plus aveugle que moi, dans tous les âges….”
( Une jolie fleur), rendant hommage aux pauvres et aux vilaines ( Les sabots d’Hélène), à la fidélité ( Pénélope), trouvant des excuses aux comportements hors la loi ( La complainte des filles de joie – La tondue ),  louant la bonté et la gentillesse
( La femme d’Hector – Bonhomme)

Ninon, Suzon, Margot, Lisette, Clairette, Mimi, Jeannette………la femme offre son corps, nu ou habillé, elle sera mince ou enveloppée, belle ou laide, jeune ou vieille, elle donne de l’amour, qu’il soit platonique, libertaire, légalisé, maternel. Elle sera plus jalouse, mais aussi plus généreuse, plus altruiste que l’homme, et restera presque toujours maîtresse de son jeu.

Montrée sur toutes les facettes, nous dévoilant son visage – ” …Ses yeux fendus, et couleur de pistache…” ( P….de toi) – ses cheveux – “…Un champ de blé prenait racines, sous la coiffe de Bécassine…” ( Bécassine) – sa bouche et ses lèvres – “…Lèvres qui sentent bon…” ( L’amandier) – ses hanches, ses bras, ses seins, l’intimité de son corps
( Le blason) , elle sera le plus souvent revêtue d’un corsage et d’un jupon, chaussée de bottillons ou de sabots – “….J’ai perdu la tramontane, en trouvant Margot, Princesse vêtue de laine, Déesse en sabots…” ( Je suis un voyou) .

La femme comédienne, aguicheuse, ingénue, sera malmenée dans l’œuvre de Brassens,
pas plus que les balourds, les bélîtres, les foutriquets, les phallocrates, et autres imbéciles. “…On a su qu’il était enfant de la patrie, qu’il était incapable de risquer sa vie, pour cueillir un myosotis à une fille...” ( Corne d’Aurochs)

PL

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