Brassens-Toussenot – Document inédit retrouvé.
La famille Toussenot habitait Lyon, dans les années 40, rue Mazenod dans le III arrondissement, près de l’actuelle piscine Garibaldi, autrefois parking vetuste où se gara la Citroën DS de Georges Brassens accompagné de Pierre Onteniente. Roger Jules Albert Toussenot venait de décéder à l’age de 38 ans. Georges Brassens, en cette année 1964 est au sommet de son art.Il vient d’écrire “Les copains” pour le film d’Yves Robert, et 120.000 personnes se bousculeront pour l’applaudir à Bobino. La famille Toussenot est désemparée et presque sans ressources, les obsèques sont pratiquement confidentielles,et il charge Gibraltar, son ami et secrétaire de défrayer le coût des obsèques de Roger. Monsieur Toussenot père,comme plusieurs dizaines d’employés et ouvriers, travaillait sous les ordres de Monsieur Edmond Studer, brillant ingénieur chimiste de formation, et Directeur de laboratoire au Département des Industries Pharmaceutiques, à la Société des Usines Chimiques du Rhône, fondée en 1928, qui deviendront ensuite les Usines Rhône-Poulenc. Edmond Studer est marié, sans enfant, et sans espoir dans avoir un. Il adoptera avec son épouse, Georges, nourrisson de quelques jours, abandonné dans un hopital du centre ville. Monsieur Toussenot, souvent trahis par son addiction à l’alcool, sera après plusieurs avertissements, victime d’une procedure de licenciement, par sa hierarchie, et sauvera in-extremis son emploi grace à la bonté de monsieur Studer, qui lui demandera formellement de retrouver un comportement adéquat. Les choses s’arrangèrent,et leurs relations devinrent très amicales. Monsieur Toussenot savait depuis quelques temps que Madame Studer souhaitait confier son enfant à des personnes de confiance, car à cette époque, la santé de son mari, en longue maladie lui donnait quelques inquiétudes, et elle éprouvait des difficultés à s’occuper à la fois du malade et du bébé. C’est ainsi que le tout jeune Georges devint un intime de la famille Toussenot et de ses quelques amis.C’est pour toutes ces raisons que 18 ans plus tard,il se retrouva naturellement à l’enterrement de son “frère de lait”….Maman Toussenot, comme il l’appelle, lui donna toute cette tendresse et cette chaleur qu’un enfant ne peut jamais oublier. Elle disait souvent en parlant des relations de Roger : Georges Brassens est un garçon “bien”. quelques jours après les obsèques, mettant de l’ordre dans l’espace de vie de Roger,qui vivait à deux pas de ses parents au 212 rue Garibaldi, à l’angle de la rue Verlet Hanus, elle trouva et confia à son protégé un cahier manuscrit de 28 pages, intitulé : “Les jeunes amoureux qui écrivent sur l’eau”, envoyé par Georges Brassens à son fils, en 1948. 54 ans après, ce document manuscrit inédit de 1080 lignes, dans lequel se mèle roman, pièce de théatre, poèmes inédits, moutures de diverses chansons connues,rejoint ma collection.
